Version texte de ce daf : original et traduction
Avoda Zara 56b (נו:) — le Talmud en français
Avoda Zara 56b (עבודה זרה נו:): La Guemara discute : et selon Rava, qui ne distingue pas : il ne distinguait pas entre le vin de l’idolâtrie et les dîmes — car il avait précédemment soulevé une…
Texte original — Avoda Zara 56b (נו:)
והגמרא דנה:
ו
לדעת
רבא, דלא שאני ליה
, שלא חילק בין יין נסך למעשרות - שהרי הקשה לעיל סתירה בין משנתנו למשנה במסכת מעשרות, ותירץ: לא קשיא הא רבי עקיבא הא רבנן. ולכאורה, למה לא תירץ את הסתירה כך: ביין נסך החמירה משנתנו, לפיכך נאסר היין עוד לפני שקפה בבור, ואילו לגבי מעשרות אינו נקרא יין עד שקפה בבור? משמע, שרבא לא חילק בין יין נסך למעשרות, והשווה את דיניהם .
ולרבא, אכן,
מוקים ליה
, מיישב את המשניות והברייתא,
כתלתא תנאי
, וסובר שיש בדין זה שלש דעות מתי נקרא יין, כמבואר .
שנינו במשנתנו,
מה שבבור אסור והשאר מותר
.
אחרי שהיין עובר ב"צינור" שבין הגת לבור, וטרם שיורד לבור, עובר היין דרך כלי הנקרא "גרגותני", והוא סל גדול, המסנן את היין מזגין וחרצנים. וכאשר הוא מתמלא בזגין וחרצנים - מחזירים אותו לגת, כלומר, מרוקנים אותו לתוך הגת.
אמר רב הונא: לא שנו
, במשנתנו , שהיין שבגת מותר,
אלא, שלא החזיר גרגותני לגת
-
אבל
אם
החזיר גרגותני לגת
-
אסור
, אף היין שבגת. כי היין שבגרגותני אסור, כמו שיבואר, ואוסר את היין והענבים שבגת .
עתה מבארת הגמרא מדוע היין שבתוך הגרגתוני אסור, מי אוסרו, הלא לא היה בתוך הבור:
גרגותני גופה
, עצמה
במאי קא מיתסרא?
בנצוק
, קילוח היין [עמוד הזרימה קרוי "נצוק"] היורד מן הגרגותני לבור, הוא המחבר בין היין שבבור האסור במגע הגוי, לבין היין בגרגותני.
שנינו משנה לגבי הלכות טומאה וטהרה, שהנצוק אינו חיבור, ומבואר בפרק הבא [עב א]. ושם נחלקו אמוראים לגבי הלכות יין נסך, יש הסוברים שניצוק אינו חיבור, כשם שאינו חיבור לגבי הלכות טומאה וטהרה. ויש אמוראים הסוברים, שלגבי הלכות יין נסך - ניצוק הוי חיבור.
ועתה דנה הגמרא: האם
שמע מינה
, נשמע מדברי רב הונא שהוא סובר "
ניצוק חיבור
" ?
הגמרא דוחה, אין מכאן ראיה שרב הונא סובר "ניצוק חיבור", אלא שאסר, כשהחזיר את הגרגותני לבור, רק באופן "שפחסתו בורו", כלומר, הבור התמלא, והיין הגיע עד לשולי הגרגותני, והיות והוא כלי מנוקב - התערב יין האסור שבתוך הבור עם היין שבגרגותני, הילכך נאסר היין שבגרגותני, וכשמחזירו ושופכו לגת - נאסר היין שבגת.
כדתני רבי חייא
, בסוגיא שם [עב ב] והעמיד את המשנה שם:
שפחסתו צלוחיתו
, ויבואר שם -
הכא נמי
, מדובר, כגון:
שפחסתו בורו
, כמבואר.
ומספרת הגמרא:
ההוא ינוקא
, היה ילד
דתנא
, ששנה מסכת
עבודת כוכבים בשית שני
, בהיותו בן שש שנים!
בעו מיניה
, שאלוהו:
מהו
הדין, האם מותר
לדרוך עם העובד כוכבים בגת?
אמר להו
, הילד לשואליו:
דורכין עם העובד כוכבים בגת
.
ומקשינן:
והא קא מנסך
, הגוי הרי נוגע ביין
בידיה
, בידיו, ואוסרו. ושנינו במשנה אחרונה שאין דורכין עם העובד כוכבים בגת, מפני שהגוי נוגע ביין, והיין שבגת נקרא יין ונאסר? ומתרצינן: כגון:
דציירנא ליה לידיה
, הגוי קשר את ידיו, כדי שלא יגע ביין. ודרך את הענבים ברגליו.
ומקשינן:
והא קא מנסך ברגל
, הגוי נגע ביין ברגליו?
ומסקינן:
ניסוך דרגל
-
לא שמיה ניסוך
, אין עליו "שם" של "ניסוך". הילכך: מותר .
הגמרא ממשיכה לדון בדין "ניסוך דרגל". ומספרת עובדא:
ההוא עובדא דהוה בנהרדעא
, היה מעשה בעיר נהרדעא [עירו של שמואל],
דדשו,
ברגליהם,
ישראל ועובד כוכבים לההוא חמרא
, ליין.
שאלה זו הובאה לפני שמואל,
ושהייה שמואל תלתא ריגלא
, השהה את תשובתו שלש רגלים .
ודנה הגמרא:
מאי טעמא
, למה השתהה להשיב? מה היה ספיקו?
Traduction française
La Guemara discute :
et
selon
Rava, qui ne distingue pas :
il ne distinguait pas entre le vin de l’idolâtrie et les dîmes — car il avait précédemment soulevé une contradiction entre notre Michna et la Michna du traité Maasserot, et avait répondu : « Ce n’est pas difficile : ici, il s’agit de Rabbi Akiva ; là, des Sages. » Mais, en apparence, pourquoi n’a-t-il pas répondu à la contradiction de la manière suivante : notre Michna a été plus rigoureuse concernant le vin de l’idolâtrie ; c’est pourquoi le vin est interdit avant même qu’il ait fini de s’écouler dans la cuve, tandis que, concernant les dîmes, il n’est appelé vin qu’après avoir fini de s’écouler dans la cuve ? Il en ressort que Rava ne distinguait pas entre le vin de l’idolâtrie et les dîmes, et qu’il assimilait leurs lois .
Et pour Rava, effectivement,
il l’établit :
il établit les Michnayot et la baraïta
comme trois tannayim ;
il considère qu’il existe, dans cette loi, trois opinions quant au moment où le liquide est appelé vin, comme cela est expliqué .
Nous avons appris dans notre Michna :
ce qui se trouve dans la cuve est interdit, et le reste est permis.
Après que le vin a traversé le « conduit » qui se trouve entre le pressoir et la cuve, et avant de descendre dans la cuve, il passe par un récipient appelé « gargatoni ». C’est un grand panier qui filtre le vin des peaux et des pépins. Lorsqu’il se remplit de peaux et de pépins, on le ramène au pressoir, c’est-à-dire qu’on le vide dans le pressoir.
Rav Houna a dit : « Ils n’ont enseigné »,
dans notre Michna , que le vin qui se trouve dans le pressoir est permis,
« si l’on n’a pas ramené le gargatoni dans le pressoir » —
mais
si
l’on a ramené le gargatoni dans le pressoir —
il est interdit,
même le vin qui se trouve dans le pressoir. Car le vin qui se trouve dans le gargatoni est interdit, comme cela sera expliqué, et il rend interdits le vin et les raisins qui se trouvent dans le pressoir .
La Guemara explique maintenant pourquoi le vin qui se trouve à l’intérieur du gargatoni est interdit, et qui le rend interdit, puisqu’il ne se trouvait pas dans la cuve :
Le gargatoni lui-même,
lui-même,
par quoi devient-il interdit ?
Par le nitsouk,
le jet de vin [la colonne d’écoulement est appelée « nitsouk »] qui descend du gargatoni vers la cuve : c’est lui qui relie le vin de la cuve, interdit par le contact du non-Juif, au vin qui se trouve dans le gargatoni.
Nous avons appris une Michna concernant les lois d’impureté et de pureté : le nitsouk ne constitue pas une jonction, comme cela est expliqué dans le chapitre suivant [72a]. Là-bas, les amoraïm ont divergé concernant les lois du vin de l’idolâtrie : certains considèrent que le nitsouk ne constitue pas une jonction, de même qu’il ne constitue pas une jonction concernant les lois d’impureté et de pureté. D’autres amoraïm considèrent que, concernant les lois du vin de l’idolâtrie, le nitsouk constitue une jonction.
La Guemara discute maintenant :
peut-on en déduire
des paroles de Rav Houna qu’il considère que
le nitsouk constitue une jonction ?
La Guemara réfute : on ne peut pas en déduire que Rav Houna considère que le nitsouk constitue une jonction ; il a seulement interdit, lorsque l’on a ramené le gargatoni au pressoir, le cas de « sa cuve l’a fait déborder », c’est-à-dire que la cuve s’est remplie, que le vin est monté jusqu’au bord inférieur du gargatoni et que, celui-ci étant un récipient percé, le vin interdit qui se trouvait dans la cuve s’est mélangé au vin qui se trouvait dans le gargatoni. C’est pourquoi le vin du gargatoni est devenu interdit ; lorsqu’on le ramène et qu’on le verse dans le pressoir, le vin qui s’y trouve devient interdit.
Comme l’enseigne Rabbi Hiya,
dans cette discussion [72b], où il a établi la Michna qui s’y trouve comme parlant du cas où
sa fiole l’a fait déborder,
comme cela sera expliqué là-bas —
De même ici,
il s’agit d’un cas tel que
sa cuve l’a fait déborder,
comme cela est expliqué.
La Guemara raconte :
un certain enfant,
qui était un enfant
qui enseignait,
qui avait étudié le traité
Avoda Zara à six ans,
alors qu’il était âgé de six ans !
Ils lui demandèrent
:
quelle est
la loi : est-il permis
de fouler le raisin avec le non-Juif dans le pressoir ?
Il leur répondit,
à ceux qui l’interrogeaient, l’enfant :
on foule le raisin avec le non-Juif dans le pressoir.
Et nous objectons :
mais il consacre le vin,
car le non-Juif touche le vin
de sa main,
de ses mains, et le rend interdit. Or nous avons appris dans la dernière Michna qu’on ne foule pas le raisin avec le non-Juif dans le pressoir, parce que le non-Juif touche le vin et que le vin qui se trouve dans le pressoir est appelé vin et devient interdit ? Nous répondons : il s’agit d’un cas tel que
nous lui avons attaché les mains,
le non-Juif s’étant attaché les mains afin de ne pas toucher le vin. Il foulait les raisins avec ses pieds.
Et nous objectons :
mais il consacre le vin avec son pied,
le non-Juif ayant touché le vin avec ses pieds ?
Et nous concluons :
la consécration avec le pied
n’est pas appelée consécration,
elle ne porte pas le « nom » de « consécration ». C’est pourquoi c’est permis .
La Guemara poursuit sa discussion au sujet de la loi de la « consécration avec le pied ». Elle raconte un fait :
Un fait s’était produit à Nahardea ;
il y avait eu un incident dans la ville de Nahardea [la ville de Chemouel],
où foulèrent,
avec leurs pieds,
un Juif et un non-Juif ce vin,
du vin.
Cette question fut présentée devant Chemouel,
et Chemouel différa sa réponse de trois fêtes de pèlerinage,
il retarda sa réponse pendant trois fêtes de pèlerinage .
La Guemara discute :
pour quelle raison,
pourquoi a-t-il tardé à répondre ? Quel était son doute ?