Version texte de ce daf : original et traduction
Avoda Zara 56a (נו.) — le Talmud en français
Avoda Zara 56a (עבודה זרה נו.): Et la b araïta poursuit : b. « Et l’on ne vendange pas avec un Israélite qui fait ses fruits dans l’impureté », parce qu’il cause l’impureté aux fruits soumis à la…
Texte original — Avoda Zara 56a (נו.)
וממשיכה הברייתא:
ב.
ואין בוצרין עם ישראל שעושה פירותיו בטומאה
, מפני שגורם טומאה לפירות הטבולין לתרומה, כמבואר.
וכל שכן שאין דורכין
עמו, הואיל ודריכתן בגת טמאה - מטמאתן, נמצא שאינו "גורם" בלבד, אלא "מסייע" ממש בידי עובר עבירה.
ג.
אבל בוצרין עם העובד כוכבים בגת
, כיון שעדיין אינו יין להיקרא נסך, וכן אינו אסור מטעם "גורם טומאה", מפני
שמותר לגרום טומאה ל
פירות
חולין שבארץ ישראל
, כיון שהגוי פטור מלהפריש תרומה מפירותיו, ופירותיו אינם טבולים לתרומה.
שנינו במשנתנו:
ואינו עושה יין נסך עד שירד לבור
.
הגמרא מביאה משנה במסכת מעשרות, ונאמר בה שאף כשהיין נמצא בבור, עדיין אינו נקרא יין עד ש"יקפה". והוא, שהחרצנים והם חלקי הענבים שלא נסתננו היטב במסננת [הנקרא "גרגתוני"] לפני כניסתם לבור - צפים למעלה על היין . כלומר, כל זמן המשכת היין לבור מתערבים החרצנים והיין שבבור, מחמת זרימת היין. וכשהוא נח מזרימתו, עולים החרצנים על פני הבור.
[מותר לאכול מפירות טבל אכילת עראי, כל זמן שלא נגמרו מלאכתן. ולכל פרי ופרי יש לו גמר מלאכה בפני עצמו, לפי ענינו. המשנה במסכת מעשרות דנה, מהו גמר מלאכת היין].
ומקשינן:
והתניא
[גירסא אחרת:
והתנן
] הלא שנינו: מאימתי הוי גמר מלאכה לענין הלכות מעשרות?
יין משיקפה
, אחרי כניסתו לבור.
ומתרצינן:
אמר רבא: לא קשיא
, איננה סתירת משניות, אלא מחלוקת תנאים -
הא
, המשנה במסכת מעשרות, משנת
רבי עקיבא
היא, ו
הא
משנתנו, משנת
רבנן
היא -
דתנן
[גירסא אחרת:
דתניא
] שנינו בברייתא:
יין
הוי גמרו למעשר
משירד לבור
, אלו הן דברי חכמים, ואילו
רבי עקיבא אומר: משיקפה
. הרי שנחלקו בכך רבי עקיבא וחכמים.
איבעיא להו
, הסתפקו בני הישיבה: קיפוי זה שאמר רבי עקיבא -
קיפוי דבור
הוא, כמבואר,
או קיפוי דחבית
, אחרי שמכניס היין לחביות, עדיין נשאר בו מקצת חרצנים והן צפין על פני החבית -
והגמרא מסתפקת, שיתכן ורבי עקיבא סובר שרק בקיפוי זה המאוחר מאוד בתהליך ייצור היין - נקרא עליו שם יין.
ופשטינן:
תא שמע: דתניא
[גירסא אחרת:
דתנן
] שנינו במשנה המובאת לעיל והיא משנת רבי עקיבא:
יין
, הוי גמר מלאכתו,
משיקפה
.
וממשיכה המשנה:
אף על פי שקפה
בתוך הבור, ואסור לשתות מן היין שבבור שתיית עראי עד שיתקן מעשרותיו - מכל מקום, מותר לשתות עראי מיין הנשאר בגת, הילכך:
קולט
, שואב יין
מן הגת העליונה, ומן הצינור
, שממנו יורד היין לבור,
ושותה
, שתיית עראי, מפני שאותו היין עדיין לא נגמר מלאכתו .
וממה שהמשנה מדברת ביין שקפה בבור -
שמע מינה: קיפוי דבור קאמרינן
, והוא הקיפוי שדיבר עליו רבי עקיבא. שאם תאמר, קיפוי של חביות, מה ענינם אצל הגת והצינור -
שמע מינה
, ונפשטה האיבעיא.
ומקשינן:
והתני
, הרי שנה
רב זביד, בדבי
בברייתות של
רבי אושעיא: יין
-
משירד לבור ויקפה
, הוא גמר מלאכתו למעשרות. אלו הם דברי חכמים.
רבי עקיבא אומר: מ
עת
שישלה
, יעלה את היין מהבור להנתן
בחביות
.
וברייתא זו סותרת את המבואר לעיל, בין לדברי חכמים ובין לדברי רבי עקיבא, כי בברייתא הקודמת שנינו שחכמים סוברים משירד לבור, ואילו בברייתא של רבי אושעיא שנינו, שהם סוברים שאינו נקרא יין עד שיקפה בבור.
וכן, בברייתא הקודמת שנינו שרבי עקיבא סובר עד שיקפה בבור, ואילו בברייתא של רבי אושעיא שנינו שאינו נקרא יין עד העלאתם מהבור להנתן בחביות?
ומתרצינן: ברייתא זו של רבי אושעיא מקובלת יותר, ונתרץ את הברייתא הקודמת בהתאם לנוסחתו של רבי אושעיא -
תרצה נמי
, תרץ גם
להך קמייתא
, לברייתא זו הקודמת -
הכי
, בנוסח זה:
יין
-
משירד לבור ויקפה
. אלו הם דברי חכמים. ואילו
רבי עקיבא אומר: משישלה בחביות
.
ודנה הגמרא:
ואלא
, אם כן,
מתניתין
, משנתנו, והיא משנה ראשונה,
דקתני
, ששנינו בה:
אינו עושה יין נסך עד שירד לבור
, עוד טרם שקפה בבור -
לימא תלתא תנאי היא?
האם נאמר ששלש דעות הן: האחת, משנתנו הסוברת לגבי יין נסך, [ומסתבר שכמו כן לענין מעשרות] שמעת ירידתו לבור נקרא יין, טרם שקפה . השניה, חכמים הסוברים משיקפה בבור. והשלישית, רבי עקיבא הסובר משישלה בחביות.
ומסקינן:
לא
, אין צורך לומר כן. והתנא של משנתנו אמר דינו רק לגבי יין נסך, כי
שאני יין נסך
, שונה דינו, משום
דאחמירו ביה
רבנן
, החמירו חכמים בדינו, ואמרו, שעוד לפני שקפה בבור נקרא יין, ונאסר במגע הגוי.
והוא מודה לגבי מעשר, שאינו נעשה יין עד שיקפה, כדעת חכמים, או עד שישלה בחביות, כדעת רבי עקיבא.
ואין בדין זה שלש דעות.
Traduction française
Et la b araïta poursuit :
b.
« Et l’on ne vendange pas avec un Israélite qui fait ses fruits dans l’impureté »,
parce qu’il cause l’impureté aux fruits soumis à la terouma, comme cela a été expliqué.
Et à plus forte raison, l’on ne foule pas
avec lui, puisque leur foulage dans une cuve impure les rend impurs : il se trouve donc qu’il ne fait pas seulement « causer », mais qu’il « aide » véritablement celui qui transgresse.
c.
Mais l’on vendange avec un idolâtre dans la cuve,
puisque ce n’est pas encore du vin susceptible d’être appelé vin de nesekh, et que ce n’est pas non plus interdit au titre de « causer l’impureté », parce qu’
il est permis de causer l’impureté aux
fruits
ordinaires de la terre d’Israël,
puisque le non-Juif est dispensé de prélever la terouma de ses fruits, et que ses fruits ne sont pas soumis à la terouma.
Nous avons appris dans notre Michna :
« Et il ne devient du vin de nesekh que lorsqu’il descend dans la fosse. »
La Guemara rapporte une Michna du traité Maasserot, où il est dit que même lorsque le vin se trouve dans la fosse, il n’est encore appelé vin que lorsqu’il « se couvre ». C’est-à-dire que les pépins et les parties des raisins qui n’ont pas été suffisamment filtrés dans le filtre [appelé « gargatoni »] avant leur entrée dans la fosse — flottent à la surface du vin . Autrement dit, tant que le vin continue à couler dans la fosse, les pépins et le vin qui s’y trouve se mélangent, sous l’effet de l’écoulement du vin. Et lorsqu’il cesse de couler, les pépins remontent à la surface de la fosse. [
Il est permis de manger des fruits tevel de manière occasionnelle tant que leur travail n’est pas achevé. Et chaque fruit possède son propre achèvement du travail, selon sa nature. La Michna du traité Maasserot examine quel est l’achèvement du travail du vin. ]
Et l’on objecte :
« Or il est enseigné »
[autre version :
« Or nous avons appris »]
N’avons-nous pas appris : À partir de quand y a-t-il achèvement du travail concernant les lois des dîmes ?
« Lorsque le vin se couvre »,
après son entrée dans la fosse ?
Et l’on répond :
Rava dit : « Ce n’est pas difficile »,
ce n’est pas une contradiction entre des Michnayot, mais une controverse entre des tannaïm —
celle-ci,
la Michna du traité Maasserot, est la Michna de
Rabbi Akiva, et
celle-ci,
notre Michna, est la Michna des
Sages
—
Comme nous l’avons appris
[autre version :
« Comme il est enseigné »]
nous avons appris dans une b araïta :
« Le vin
achève son travail pour la dîme
lorsqu’il est descendu dans la fosse »,
telles sont les paroles des Sages ; tandis que
Rabbi Akiva dit : « Lorsqu’il se couvre. »
Il se trouve donc que Rabbi Akiva et les Sages sont en désaccord sur ce point.
Ils posèrent la question,
les membres de l’académie s’interrogèrent : ce recouvrement dont a parlé Rabbi Akiva —
est-ce le recouvrement de la fosse,
comme cela a été expliqué,
ou le recouvrement du tonneau,
après que l’on a introduit le vin dans les tonneaux, alors qu’il y reste encore une partie des pépins, qui flottent à la surface du tonneau —
Et la Guemara s’interroge : il est possible que Rabbi Akiva considère que c’est seulement lors de ce recouvrement, très tardif dans le processus de production du vin, que le nom de vin lui est attribué.
Et l’on tranche :
« Viens entendre : comme il est enseigné »
[autre version :
« Comme nous l’avons appris »]
nous avons appris dans la Michna rapportée plus haut, qui est la Michna de Rabbi Akiva :
« Le vin,
achève son travail
lorsqu’il se couvre. »
Et la Michna poursuit :
« Bien qu’il se soit couvert
à l’intérieur de la fosse, et qu’il soit interdit de boire du vin qui se trouve dans la fosse, même de manière occasionnelle, jusqu’à ce qu’il ait réglé ses dîmes — néanmoins, il est permis de boire occasionnellement du vin qui reste dans la cuve ; par conséquent » :
« Il puise »,
il puise du vin
de la cuve supérieure et du conduit,
par lequel le vin descend dans la fosse,
« et il boit »,
de manière occasionnelle, parce que le travail de ce vin n’est pas encore achevé.
Et de ce que la Michna parle d’un vin qui s’est couvert dans la fosse —
déduis-en : c’est du recouvrement de la fosse qu’il est question,
et c’est le recouvrement dont parlait Rabbi Akiva. Car si tu dis qu’il s’agit du recouvrement des tonneaux, quel rapport y aurait-il avec la cuve et le conduit —
Déduis-en,
et la question est tranchée.
Et l’on objecte :
« Or il a enseigné »,
voici ce qu’a enseigné
Rav Zevid, dans l’école de
dans les baraïtot de
Rabbi Ochaïa : « Le vin » —
« lorsqu’il est descendu dans la fosse et s’est couvert »,
tel est son achèvement du travail pour les dîmes. Telles sont les paroles des Sages.
Rabbi Akiva dit : « À partir du
moment
où on le retire »,
où l’on fait monter le vin de la fosse pour le mettre
dans les tonneaux.
Et cette b araïta contredit ce qui a été expliqué plus haut, tant selon les paroles des Sages que selon celles de Rabbi Akiva, car dans la b araïta précédente nous avons appris que les Sages considèrent que c’est à partir du moment où le vin descend dans la fosse, tandis que dans la b araïta de Rabbi Ochaïa nous avons appris qu’ils considèrent qu’il n’est appelé vin que lorsqu’il se couvre dans la fosse.
De même, dans la b araïta précédente nous avons appris que Rabbi Akiva considère que c’est jusqu’à ce qu’il se couvre dans la fosse, tandis que dans la b araïta de Rabbi Ochaïa nous avons appris qu’il n’est appelé vin que lorsqu’on le fait monter de la fosse pour le mettre dans les tonneaux ?
Et l’on répond : cette b araïta de Rabbi Ochaïa est davantage reçue ; nous expliquerons donc la b araïta précédente conformément à la version de Rabbi Ochaïa —
« Réponds également,
réponds aussi
à cette première,
à cette b araïta précédente —
ainsi,
dans cette version :
« Le vin —
lorsqu’il est descendu dans la fosse et s’est couvert.
Telles sont les paroles des Sages. Tandis que
Rabbi Akiva dit : “Lorsqu’on le retire dans les tonneaux.” »
Et la Guemara examine :
« Mais alors,
si tel est le cas,
notre Michna,
notre Michna, qui est la première Michna,
qui enseigne,
dans laquelle nous avons appris :
« Il ne devient du vin de nesekh que lorsqu’il descend dans la fosse »,
avant même qu’il se soit couvert dans la fosse —
« Dirons-nous qu’il s’agit de trois tannaïm ? »
Y aurait-il trois opinions : la première, celle de notre Michna, qui considère, à propos du vin de nesekh [et il est vraisemblable qu’il en soit de même concernant les dîmes], qu’à partir du moment où il descend dans la fosse il est appelé vin, avant qu’il se couvre ; la deuxième, celle des Sages, qui considèrent que c’est lorsqu’il se couvre dans la fosse ; et la troisième, celle de Rabbi Akiva, qui considère que c’est lorsqu’on le retire dans les tonneaux ?
Et l’on conclut :
« Non »,
il n’est pas nécessaire de dire cela. Le tanna de notre Michna n’a énoncé sa loi qu’à propos du vin de nesekh, car
« le vin de nesekh est différent »,
sa loi est différente, parce que
les Sages y ont été plus rigoureux,
les Sages,
ils ont rendu sa loi plus rigoureuse et ont dit qu’avant même qu’il se couvre dans la fosse, il est appelé vin et devient interdit au contact du non-Juif.
Et il reconnaît, concernant la dîme, qu’il ne devient du vin que lorsqu’il se couvre, selon l’opinion des Sages, ou lorsqu’on le retire dans les tonneaux, selon l’opinion de Rabbi Akiva.
Il n’y a donc pas, dans cette règle, trois opinions.