Version texte de ce daf : original et traduction

Avoda Zara 2a (ב.) — le Talmud en français

Avoda Zara 2a (עבודה זרה ב.): Introduction à la masekhet Avoda Zara L'interdiction du culte des idoles est mentionnée de nombreuses fois dans la Torah. Rambam [dans son introduction aux lois de…

Texte original — Avoda Zara 2a (ב.)

מתניתין:

בימים אשר

לפני אידיהן

, חגאותיהם

של עובדי כוכבים,

שהם

שלשה ימים

הקודמים לחגא שלהם,

אסור לשאת ולתת עמהם

, למכור להם, או לקנות מהם.

וכן אסור

להשאילן

בהמה או כלים,

ולשאול מהן

.

וכן אסור

להלוותן

מעות,

וללוות מהן.

וכן אסור

לפורען

חוב שחייב הישראל להגוי.

ולפרוע מהן

חוב שחייב הגוי לישראל.

והטעם בכל אלו, משום שהגוי "אזיל ומודה", לפי שמרוב שמחתו בכל הדברים הללו, הוא הולך ביום אידו, ומודה על כך לאלילים.

רבי יהודה אומר: נפרעין מהן

, מותר לגבות מהם חוב שהם חייבים לנו

, מפני שמיצר הוא לו

, שפריעת החוב מצערת אותו.

אמרו לו

חכמים לרבי יהודה:

אף על פי

שמיצר הוא לו עכשיו,

בשעת הפרעון, בכל זאת,

שמח הוא לאחר זמן

, למחרתו, על שירד מעליו עול חובו לבעל חובו.

גמרא:

המשנה מכנה את האלילים "אידיהן". והגמרא מבררת את גירסת המשנה, ומבארת אותה.

נחלקו בכך

רב ושמואל

.

חד

, אחד משניהם [לא נתפרש מיהו]

תני

, שנה בגירסתו, "

אידיהן

", באל"ף, כמו שיבואר.

וחד,

והשני

תני,

שנה בגירסתו, "

עידיהן

" בעי"ן, כמו שיבואר.

ואומרת הגמרא:

מאן דתני "אידיהן", לא משתבש,

אין גירסתו משובשת, כי יש מקום ופירוש לגירסא זו.

ומאן דתני "עידיהן",

גם הוא

לא משתבש.

מאן דתני "אידיהן" לא משתבש

, כי כינוי גנאי כזה נאמר בתורה כלפי אלילים,

דכתיב

בשירת האזינו [דברים לב]

"כי קרוב יום אידם".

ו"איד" הוא לשון "שבר", וכך מאחל להם הכתוב.

ומאן דתני "עידיהן" לא משתבש

, כי לשון זה מיוסד על לשון המקרא,

דכתיב

[ישעיה מג]

"יתנו עידיהם, ויצדקו".

וכך נאמר שם "כל הגוים נקבצו יחדיו, ויאספו לאומים. מי בכם מגיד זאת, וראשונות ישמיעונו, יתנו עידיהם, ויצדקו. וישמעו, ויאמרו אמת".

ומה שנאמר "יתנו עידיהם ויצדקו", אמור על אומות העולם עובדי כוכבים, שכאשר ידון אותם הקב"ה ביום הדין הגדול בעתיד, הוא יאמר להם בלשון תמיה ולעג: אתם בטחתם והאמנתם באלילים, ואם כן, יבואו נא האלילים עתה, ויעידו עליכם כדי להצדיק אתכם.

לכן נקט התנא לשון "עידיהם", והוא כינוי לעג לאלילים.

ומאן דתני "אידיהן"

-

מאי טעמא

מה הטעם

לא תני

אינו שונה "

עידיהן

"?

אמר לך

: לשון "אידיהן", שמשמעותו הוא "

תברא

", שבר -

עדיף

.

ומאן דתני "עידיהן"

-

מאי טעמא לא תני "אידיהן"?

אמר לך: מאן קא גרים להו תברא,

מה גורם להם את שברם? -

עדות שהעידו

האלילים

בעצמן

ביום הדין, שאכן עבדו להם הגוים.

הלכך

לשון

"עדות" עדיפא

, שהיא סיבת ומקור ה"שבר".

ומקשה הגמרא על מאן דאמר "עידיהן":

ו

כי

האי

קרא

"יתנו עידיהם ויצדקו"

-

בעובדי כוכבים כתיב,

שאומות העולם יביאו אליליהם לעדות?! -

הא

, הרי

בישראל כתיב!

שה"עדות" תהיה לזכות ולטובת בני ישראל! -

דאמר רבי יהושע בן לוי: כל

מצוות שישראל עושין בעולם הזה

-

באות ומעידות להם

לעולם הבא, שנאמר "יתנו עידיהם, ויצדקו"

-

אלו ישראל

. ומסיים הפסוק

"ישמעו ויאמר אמת"

-

אלו עובדי כוכבים.

שהגוים ישמעו את העדות, ויאמרו "אמת", דין צדק הוא! כי ראויים הם בני ישראל לקבל שכר עולם הבא.

הרי ש"עידיהם" אין משמעותו אלילים, אלא, אדרבה, מצוות!

ומתרצינן: אכן, "עידיהם" הוא כינוי גנאי לאלילים. אך יש לדרוש זאת ממקרא אחר -

אלא, אמר רב הונא בריה דרב יהושע: מאן דאמר "עידיהן"

דורשו

מהכא

, מפסוק זה [ישעיה מד] "

יוצרי פסל, כולם תוהו. וחמודיהם, בל יועילו. ועידיהם המה

".

דברי הכתוב "ועידיהם המה", משמעותם היא, שהאלילים יבואו ויעידו על עובדיהם כדי לחייבם. הרי שהפסוק מכנה את האלילים בשם גנאי, "עידיהם" המה.

ועתה הגמרא מביאה מאמר ארוך, המתאר את יום הדין לעתיד לבוא, כשיבוא הקב"ה לתת שכר לבני ישראל, ויבואו אומות העולם לבקש גם הם שכר, ולקטרג על בני ישראל.

והמאמר נסוב על המקרא הנזכר, "כל הגוים נקבצו יחדיו ויאספו לאומים, מי בכם מגיד זאת וראשונות ישמיעונו, יתנו עידיהם ויצדקו, וישמעו ויאמרו אמת".

דרש רבי חנינא בר פפא, ואיתימא,

או שדרש כן

רבי שמלאי

:

לעתיד לבוא, מביא הקדוש ברוך הוא ספר תורה, ומניחו בחיקו,

ואומר "כל מי שעסק בה

בתורה,

יבוא ויטול שכרו".

מיד מתקבצין ובאין

אומות העולם

עובדי

כוכבים,

בערבוביא

, כשהם מעורבים יחד, ולא כל אומה ואומה בפני עצמה.

שנאמר "כל הגוים נקבצו יחדו

", בערבוביא.

אמר להם הקדוש ברוך הוא: אל תכנסו לפני בערבוביא, אלא תכנס כל אומה ואומה

בפני עצמה,

וסופריה

, חכמיה".

Traduction française

Introduction à la masekhet Avoda Zara L'interdiction du culte des idoles est mentionnée de nombreuses fois dans la Torah. Rambam [dans son introduction aux lois de l'adoration des astres et à leurs usages] énumère cinquante et une mitsvot en la matière, deux mitsvot positives et quarante-neuf mitsvot négatives. Le commandement même de ne pas adorer les idoles, sa nature, ses détails et ses punitions sont répétés dans la masekhet Sanhedrin, tandis que dans la masekhet Avoda Zara ["adoration des idoles" ou "adoration des astres", qui sont les noms de la masekhet modifiés par la censure] sont exposés les détails juridiques de certains des interdits relevant de ce commandement. De là l'appartenance de la masekhet Avoda Zara à l'ordre Nezikin, car elle constitue la continuation de la masekhet Sanhedrin. Les détails des lois exposées dans cette masekhet traitent principalement des règles de l'éloignement du culte des idoles, et de ses adorateurs. Écrivit HaMeiri : l'objet de la masekhet tout entière tourne autour d'explications concernant le culte des idoles, et l'éloignement de ses adorateurs, pour l'une des deux raisons suivantes : la première, afin de ne pas s'entrelacer avec eux, et afin de ne pas marcher dans leurs voies, de sorte qu'on soit préservé de faire comme eux, comme il est connu pour certaines mitsvot de la Torah. Et la seconde, afin que nos actes ne deviennent pas une raison pour leur culte, ni pour soutenir leur pensée dans la foi du culte des idoles. Autrement dit, ce qui est interdit, du point de vue de la Torah et des gezeirot des Anciens, a une double raison : afin que nous ne nous mêlions pas à eux, et afin que nous ne les entraînions pas eux-mêmes dans le culte des idoles, interdit aussi aux fils de Noé. Introduction à la première Michna Au premier chapitre et au début du deuxième chapitre, l'interdiction de traiter avec les adorateurs des astres pendant la période de leurs fêtes est expliquée, et il est aussi expliqué ce qui est interdit de traiter avec eux pendant toute l'année. La première Michna traite de l'interdiction de transactions avec les nations avant leurs fêtes. Matnitin:

Durant les jours où

avant leurs idoles

—

des adorateurs des astres,

qui sont

trois jours

précédant leur fête,

il est interdit de commercer avec eux,

vendre ou acheter chez eux.

Il est de même interdit

de leur prêter

animaux ou ustensiles,

et d'emprunter d'eux.

Il est de même interdit

de leur prêter à intérêt

de l'argent,

et d'en emprunter d'eux.

Il est de même interdit

de régler pour eux

une dette qu'un Israélien doit envers un non‑Juif.

Et de régler pour eux

une dette que le non‑Juif doit à un Israélien.

Et la raison de tout cela est que le goy "ira et confessera" ; parce que, par excès de joie en toutes ces choses, il se rendra au jour de sa fête, et confessera là‑dessus aux idoles.

Rabbi Yehouda dit : on règle pour eux

Il est permis de recouvrer d'eux une dette qu'ils nous doivent,

parce qu'il est dans la nécessité

que le règlement de la dette le tourmente.

Ils lui dirent

aux Sages à Rabbi Yehouda :

même si

il est dans le besoin maintenant,

à l'heure du remboursement, néanmoins

il se réjouira plus tard

le lendemain, car le fardeau de sa dette envers son créancier sera tombé de dessus lui.

Guemara :

La Michna appelle les idoles "idéyhem". Et la Guemara examine la version de la Michna, et l'explique.

Il y a une divergence entre

Rav et Shmuel.

L'un,

l'un des deux [on ne précise qui]

a enseigné,

qu'il changea dans sa version "idéyhem" avec un alef, comme il sera expliqué.

Et l'autre,

et le second

a enseigné,

qu'il changea dans sa version "éidéyhem" avec un 'ayin, comme il sera expliqué.

Et dit la Guemara :

Celui qui enseigne "idéyhem", n'est pas corrompu,

sa version n'est pas altérée, car il y a place et sens pour cette version.

Et celui qui enseigne "éidéyhem",

lui aussi

n'est pas corrompu.

Celui qui enseigne "idéyhem" n'est pas corrompu

car une appellation méprisante telle est dite dans la Torah à l'égard des idoles,

comme il est écrit

dans le chant "Ecoutez" [Deutéronome 32]

"car proche est le jour de leur shéver."

Et "id" est la langue de "bris", et ainsi l'Écriture leur préfère du mal.

Et celui qui enseigne "éidéyhem" n'est pas corrompu

car cette expression est fondée sur la langue de l'Écriture

comme il est écrit

dans Isaïe 43

"Ils donneront leurs témoins, et ils rendront justice."

Et ainsi il est dit là "toutes les nations se rassemblent, et se regroupent en peuples. Qui parmi vous dira cela, et annoncera les choses d'abord ? Qu'ils produisent leurs témoins, et qu'ils prouvent. Et ils écouteront, et diront la vérité."

Et ce qui est dit "qu'ils produisent leurs témoins et qu'ils prouveront", s'applique aux nations du monde adoratrices des astres, que lorsque le Tout‑Puissant les jugera au jour du grand jugement futur, Il leur dira d'une langue d'étonnement et de dérision : vous avez confiance et vous avez cru aux idoles, et maintenant que ces idoles viennent et témoignent en votre faveur pour vous justifier ?

C'est pourquoi le tannait prit le terme "eidéyhem", et c'est une épithète de dérision pour les idoles.

Et celui qui enseigne "idéyhem" —

quelle raison

laquelle

ne diffère‑t‑elle pas

de "eidéyhem" ?

Je te dirai :

Le vocable "idéyhem", qui signifie

"idbara"

bris —

est préférable.

Et celui qui enseigne "eidéyhem" —

quelle raison que l'on n'enseigne pas "idéyhem" ?

Je te dirai : ma'an ka garim lehou tebra,

qu'est‑ce qui leur cause leur brisure ? —

les témoignages qu'ils auront rendus eux‑mêmes

les idoles

en personne

le jour du jugement, que les nations en effet leur ont servi.

C'est pourquoi

le terme

"témoignages" est préférable

car c'en est la cause et la source du "bris".

Et la Guemara objecte à celui qui dit "eidéyhem" :

Et

car

ce verset

est "qu'ils produisent leurs témoins et qu'ils prouveront" —

est‑il écrit à propos des adorateurs des astres ?

Que les nations du monde amèneront leurs idoles pour témoigner ?! —

Vois‑tu,

or

il est écrit au sujet d'Israël !

que les "témoignages" soient pour la louange et l'avantage d'Israël ! —

Dit Rabbi Yehoshua ben Levi : toute

mitsva que les Israélites accomplissent dans ce monde

— viennent et témoignent pour eux

pour le monde futur, comme il est dit "qu'ils produisent leurs témoins, et qu'ils prouveront"

cela concerne Israël.

Et se termine le verset

"ils écouteront et diront vérité"

cela concerne les adorateurs des astres.

Car les nations entendront le témoignage, et diront "vérité, c'est une juste sentence !" car les enfants d'Israël méritent de recevoir la récompense du monde futur.

Donc "eidéyhem" n'a pas pour sens les idoles, au contraire, il désigne les mitsvot !

Et l'on peut harmoniser : certes "eidéyhem" est une appellation méprisante pour les idoles. Mais il faut rechercher cela d'un autre verset —

Mais dit Rav Houna baria d'Rab Yehoshua : celui qui dit "eidéyhem"

— lisez‑le

d'ici

du verset en Isaïe 44

"Les artisans d'images, tous eux sont vains. Et leurs objets aimés ne profitent point. Et leurs témoins sont eux‑mêmes."

. Là il est dit "les artisans d'images [les ouvriers qui font les images] tous eux sont vains [ils sont eux‑mêmes vains] et leurs objets aimés ne seront d'aucun profit [les idoles auxquelles ils sont attachés n'ont pas d'utilité — commentaires]. Et leurs témoins sont eux‑mêmes, ils ne voient et ne savent pas [les idoles témoignent de la honte de leurs adorateurs, car on voit qu'elles ne voient point et ne savent point, et ils les adorent]" — ainsi explique Rashi et voir Maharshei .

Les paroles de l'Écriture "et leurs témoins sont eux‑mêmes" signifient que les idoles viendront et témoigneront contre leurs adorateurs pour les tenir responsables. Ainsi le verset appelle les idoles par un nom méprisant, "leurs témoins sont eux‑mêmes".

Et maintenant la Guemara rapporte un long discours décrivant le jour du Jugement futur, lorsqu'arrivera le Tout‑Puissant pour donner la rétribution aux enfants d'Israël, et que les nations du monde viendront elles aussi demander récompense, et déposer une accusation contre les enfants d'Israël.

Et le discours tourne autour du verset susmentionné, "toutes les nations se rassemblent ensemble et se regroupent en peuples, qui parmi vous dira cela et en annoncera d'abord ? Qu'ils produisent leurs témoins et qu'ils prouvent, et ils écouteront et diront vérité."

L'enseigna Rabbi Hanina bar Papa, et certains disent

qu'il fut enseigné ainsi

par Rabbi Shemley :

Au futur à venir, le Saint béni soit‑Il apportera un livre de Torah, et le posera sur Son sein,

et dira : "quiconque s'est occupé de la

Torah

viendra et prendra sa récompense".

L'affaire du livre de la Torah est demandée plus loin dans la Guemara, de ce qui est dit là "qui parmi vous dira cela". Et "cela" est la Torah. Et se pose la difficulté : les nations du monde sont‑elles folles, et viennent demander récompense pour avoir gardé la Torah ?! Et explique Maharshei qu'elles ne savent pas que le Tout‑Puissant pose dans Son sein le livre de la Torah de Moshe ; mais chaque nation croit que c'est le livre de sa propre loi qu'Il a posé dans Son sein, jusqu'à ce qu'Il leur explique : qui parmi vous a gardé le livre de la Torah de Moshe ? Et l'Iyon Yaakov explique qu'ils viennent demander récompense pour les sept mitsvot dont ils prétendent s'être acquittés. Et il ajoute qu'ils viennent demander récompense pour leur aide apportée à Israël pour faire garder la Torah, comme il est expliqué plus loin. Et dans le Sefer HaIkkarim [Discours I ch. 20] il écrit : qu'ils viennent demander récompense pour leur tradition religieuse qu'ils tiennent de leurs pères. [Et le Tout‑Puissant leur répond : apportez votre tradition, comment votre loi vous fut‑elle transmise, fut‑elle donnée à soixante‑dix milliers publiquement comme la Torah de Moshe ? Et voir là où l'on explique la suite des versets]. Immédiatement se rassemblent et viennent

les nations du monde

les adorateurs

des astres,

en mélange,

quand ils sont mêlés ensemble, et non chaque nation séparément.

Comme il est dit "toutes les nations se rassemblent ensemble"

en mélange.

Le Saint béni soit‑Il leur dit : n'entrer pas ainsi assemblés, mais qu'entre chaque nation individuellement

—

et ses scribes

ses sages.

Mots de ce daf dans le dictionnaire