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Pessa'him 115b (קטו:) — le Talmud en français

Pessa'him 115b (פסחים קטו:): Rav Papa a dit : déduis-en : cette laitue, lorsqu’on la prend pour la première trempette [quand on n’a pas d’autre légume], il faut l’immerger dans le harosset. Il ne…

Texte original — Pessa'him 115b (קטו:)

אמר רב פפא: שמע מינה: האי חסא

כשנוטלו לטיבול ראשון [כשאין לו ירק אחר],

צריך לשקועיה בחרוסת

. שלא די שיטבילנה בחרוסת, אלא צריך להשקיעה כולה בחרוסת

משום קפא

, כדי לבטל את הארס שבחזרת, כי השרף שבחזרת יש בו ארס כמו בצל.

וכאשר הוא משקיעה כולה בחרוסת, בהכרח נוגע בידו במשקה שבחרוסת, ולכן הוא צריך נטילת ידים לפני הטיבול הראשון, כדין דבר שטיבולו במשקה.

דאי סלקא דעתך לא צריך לשקועיה, נטילת ידים למה לי, הא לא נגע

בידו במשקה!

ודחינן:

ודילמא לעולם אימא לך לא צריך לשקועיה, וקפא מריחא מיית

, הריח של החרוסת בלבד כבר "ממית" [מבטל] את הארס של החסא גם מבלי שישקענה כולה.

אלא למה לי נטילת ידים?

דילמא משקעו ליה

, שתיקנו חכמים שמא ישקיענה כולה, ואז ידו נוגעת במשקה.

ואמר רב פפא: לא נישהי איניש מרור בחרוסת

. כשהוא טובל את המרור בחרוסת לא ישהנו שם אלא יוציאנו מיד,

דילמא אגב חלייה

, מתיקות

דתבלין

של החרוסת,

מבטיל ליה למרוריה

, יתבטל המרירות שבמרור,

ובעינן טעם מרור, וליכא

.

אדבריה

העמיד

רב חסדא לרבנא עוקבא ודרש

: אף על פי ש

נטל ידיו בטיבול ראשון

של שאר ירקות, בכל זאת

נוטל ידיו בטיבול שני

של המרור.

אמרוה רבנן קמיה דרב פפא: הא

מימרא זו של רב חסדא,

בעלמא איתמר,

בטיבולים של שאר ימות השנה שאינן קבע, ולכן אף שנטל ידיו לטיבול ראשון צריך ליטול שוב לטיבול שני, כי בנטילה הראשונה לא היה יודע שיטבול שנית והסיח דעתו מהנטילה.

דאי סלקא דעתך, הכא

[בטיבולים של ליל הסדר]

איתמר, למה לי נטילת ידים תרי זימני?

הא משא ליה ידיה חדא זימנא!

כבר נטל ידיו לטיבול ראשון, ואין הוא מסיח דעתו מהנטילה עד הטיבול השני.

אמר להו רב פפא: אדרבה, הכא איתמר!

דאי סלקא דעתך בעלמא איתמר, למה לי תרי טיבולי?

שהרי בכל השנה אין הדרך לטבול פעמיים בסעודה.

ומה ששאלתם

אלא מאי

, אם

הכא איתמר, נטילת ידים תרי זימני למה לי?

הא משא ליה ידיה חדא זימנא

,

אמרי

, אשיב לכם:

כיון דבעי למימר

בין שני הטיבולים

אגדתא והלילא,

הגדה והלל [חציו הראשון],

דילמא אסוחי אסחיה לדעתיה, ונגע

בבשרו או בשאר דבר טינוף, הלכך צריך ליטול ידיו שנית.

אמר רבא: בלע מצה

ולא לעסה,

יצא

ידי מצות אכילת מצה. ואף על פי שלא טעם טעם מצה, נחשב לו אכילתו לאכילת מצוה, וקיים "בערב תאכלו מצות" [אך רק בדיעבד יצא. כי לכתחילה צריך שיטעום טעם מצה. רשב"ם].

אבל אם

בלע מרור, לא יצא!

שבמרור הטעם המר הוא חלק מהמצוה שהאוכלו צריך שיחוש בטעם המר בפיו, זכר ל"וימררו את חייהם".

ואם

בלע מצה ומרור

ביחד,

ידי מצה יצא

, שהרי במצה אין צריך טעם. אך

ידי מרור לא יצא

, לפי שלא טעם טעם מרור.

כרכן

לשניהם יחד

בסיב

, הגדל סביב הדקל,

ובלען, אף ידי מצה נמי לא יצא

. שהרי לא היה ממש בפיו, לא מזה ולא מזה.

אמר רב שימי בר אשי: מצה

, צריך להניח

לפני כל אחד

.

שהיה מנהגם להסב על המטות ולפני כל אחד היה שולחן קטן, ולכן צריך להניח לכל אחד מצה על שולחנו. [אבל אנחנו, שמסיבים ליד שולחן אחד, אין צריך להניח אלא לפני עורך הסדר, והוא יחלק מצה ומרור לכל אחד].

וכן

מרור

צריך להניח

לפני כל אחד ואחד

.

ו

כן

חרוסת

צריך להניח

לפני כל אחד ואחד

.

ואין עוקרין את השולחן

[שמצוה לסלק את השולחן כשמתחילים את ההגדה כדלהלן],

אלא לפני מי שאומר הגדה

הגדול שבהם, שמוציא את כולם ידי חובה.

רב הונא אומר: כולהו

, מצה ומרור וחרוסת,

נמי

אין מניחים אלא

לפני מי שאומר הגדה

.

והלכתא כרב הונא!

והוינן בה:

למה עוקרין את השולחן?

ומשנינן:

אמרי דבי רבי ינאי: כדי שיכירו תינוקות, וישאלו

למה מסלקים את השולחן לפני האכילה. [ומיד מחזירים אותו. תוד"ה הביאו, קיד א].

אביי

כשהיה ילד

הוה יתיב קמיה דרבה

.

חזא

ראה

דקא מדלי תכא מקמיה

, שעוקרים את השולחן מלפניו.

אמר להו: עדיין לא קא אכלינן, אתו קא מעקרי תכא מיקמן?

ולמה כבר מסלקים את השולחן מלפנינו.

אמר ליה רבה: פטרתן מלומר

"מה נשתנה"

, שהרי בכלל דבריך יש כבר את השאלה "מה נשתנה הלילה הזה, שעוקרים את השולחן", ואין אנו צריכים אלא להשיב "עבדים היינו", ולפיכך אנו עושים את כל הדברים הללו.

אמר שמואל

: "שבעת ימים תאכל עליו מצות

לחם עוני"

כתיב

, היינו

לחם שעונין עליו דברים הרבה

, שאומרים עליו הגדה והלל.

תניא נמי הכי: "לחם עוני", לחם שעונין עליו דברים הרבה

.

Traduction française

Rav Papa a dit : déduis-en : cette laitue,

lorsqu’on la prend pour la première trempette [quand on n’a pas d’autre légume],

il faut l’immerger dans le harosset.

Il ne suffit pas de la tremper dans le harosset ; il faut, au contraire, l’y immerger entièrement,

à cause du kefa.

C’est afin d’annuler le venin qui se trouve dans la laitue, car la sève de la laitue contient un venin, comme l’oignon.

Et lorsqu’il l’immerge entièrement dans le harosset, il touche nécessairement de sa main le liquide du harosset ; il doit donc procéder à l’ablution des mains avant la première trempette, selon la règle concernant une chose dont la trempette se fait dans un liquide.

Si tu penses qu’il n’est pas nécessaire de l’immerger, à quoi sert l’ablution des mains ? Puisqu’il n’a pas touché

de sa main le liquide !

Et nous repoussons :

Peut-être puis-je te dire en vérité qu’il n’est pas nécessaire de l’immerger, et que le kefa meurt par l’odeur,

c’est-à-dire que la seule odeur du harosset « tue » déjà [annule] le venin de la laitue, même sans l’y immerger entièrement.

Mais alors, à quoi sert l’ablution des mains ?

Peut-être l’immergera-t-on,

car les Sages ont institué cette ablution de peur qu’on ne l’immerge entièrement, auquel cas sa main toucherait le liquide.

Et Rav Papa a dit : qu’un homme ne laisse pas le maror dans le harosset.

Lorsqu’il trempe le maror dans le harosset, qu’il ne l’y laisse pas, mais qu’il l’en retire immédiatement,

de peur qu’en raison de la douceur

de

l’assaisonnement

du harosset,

il n’annule l’amertume du maror,

que l’amertume du maror soit annulée,

alors nous avons besoin du goût du maror, et il n’y en aurait pas.

Il chargea

Rav ‘Hisda

de se tenir devant Rabban ‘Oukva et il enseigna :

bien qu’il ait

procédé à l’ablution de ses mains pour la première trempette

des autres légumes, néanmoins

il procède à l’ablution de ses mains pour la seconde trempette

du maror.

Les Sages le dirent devant Rav Papa : cette

parole de Rav ‘Hisda

a été dite en général,

à propos des trempettes des autres jours de l’année, qui ne sont pas fixes ; aussi, bien qu’il ait procédé à l’ablution de ses mains pour la première trempette, doit-il de nouveau procéder à l’ablution pour la seconde, car lors de la première ablution il ne savait pas qu’il tremperait une seconde fois et il a détourné son attention de l’ablution.

Si tu penses qu’elle a été dite ici,

[à propos des trempettes de la nuit du Séder]

à quoi servent deux ablutions des mains ?

Ne s’est-il pas lavé les mains une seule fois ?

Il s’est déjà lavé les mains pour la première trempette et il ne détourne pas son attention de cette ablution jusqu’à la seconde trempette.

Rav Papa leur dit : c’est au contraire ici qu’elle a été dite !

Si tu penses qu’elle a été dite en général, à quoi servent deux trempettes ?

Car durant toute l’année, il n’est pas d’usage de tremper deux fois au cours du repas.

Et quant à votre question :

Mais alors,

si

elle a été dite ici, à quoi servent deux ablutions des mains ?

Ne s’est-il pas lavé les mains une seule fois ?

Ils répondirent,

je vais vous répondre :

puisqu’il doit dire

entre les deux trempettes

la Haggada et le Hallel,

la Haggada et le Hallel [sa première moitié],

peut-être détournera-t-il son attention, et touchera-t-il

sa chair ou quelque autre chose souillée ; c’est pourquoi il doit procéder une seconde fois à l’ablution de ses mains.

Rava a dit : s’il a avalé la matsa

sans la mâcher,

il s’est acquitté,

de l’obligation de manger la matsa. Bien qu’il n’ait pas goûté le goût de la matsa, son ingestion est considérée pour lui comme une consommation prescrite, et il a accompli : « Le soir, vous mangerez des matsot » [mais il ne s’est acquitté qu’a posteriori ; a priori, il faut qu’il goûte le goût de la matsa. Rachbam].

Mais s’il

a avalé le maror, il ne s’est pas acquitté !

Car, pour le maror, le goût amer fait partie de la mitsva : celui qui le mange doit sentir l’amertume dans sa bouche, en souvenir de : « Ils rendirent leur vie amère ».

Et s’il

a avalé la matsa et le maror

ensemble,

il s’est acquitté de la matsa,

car, pour la matsa, il n’est pas nécessaire d’avoir le goût. Mais

il ne s’est pas acquitté du maror,

puisqu’il n’a pas goûté le goût du maror.

S’il les a enveloppés

tous deux ensemble

dans une fibre,

qui pousse autour du palmier,

et les a avalés, il ne s’est même pas acquitté de la matsa.

Car elle ne se trouvait pas réellement dans sa bouche, ni celle-ci ni celle-là.

Rav Chimé bar Achi a dit : il faut placer la matsa

devant chacun

de chaque personne.

Car leur usage était de s’incliner sur des lits, et devant chacun se trouvait une petite table ; il faut donc placer devant chacun une matsa sur sa table. [Mais nous, qui nous inclinons auprès d’une seule table, n’avons besoin de placer la matsa que devant le maître du Séder, qui distribuera la matsa et le maror à chacun].

De même,

le maror

il faut le placer

devant chacun de chaque personne.

Et

de même,

le harosset

il faut le placer

devant chacun de chaque personne.

Et l’on ne retire pas la table [

car il existe une mitsva de retirer la table lorsqu’on commence la Haggada, comme il sera dit plus loin],

si ce n’est devant celui qui dit la Haggada

le plus important d’entre eux, qui acquitte tout le monde de son obligation.

Rav Houna dit : tous,

la matsa, le maror et le harosset,

également

ne sont placés que

devant celui qui dit la Haggada.

Et la halakha suit Rav Houna !

Et nous nous interrogeons :

Pourquoi retire-t-on la table ?

Et nous répondons :

Les membres de l’école de Rabbi Yannai ont dit : c’est afin que les enfants le reconnaissent et interrogent,

pourquoi retire-t-on la table avant le repas. [Et on la remet immédiatement. Tossefot, s. v. « Apportez », 114a].

Abayé,

lorsqu’il était enfant,

était assis devant Rabba.

Il vit

que

l’on soulevait la table de devant lui,

que l’on retirait la table de devant lui.

Il leur dit : Nous n’avons pas encore mangé, et ils viennent retirer la table de devant nous ?

Et pourquoi retire-t-on déjà la table de devant nous ?

Rabba lui dit : Tu nous as dispensés de dire

« En quoi cette nuit est-elle différente ? »,

car ta parole contient déjà la question : « En quoi cette nuit est-elle différente, pour que l’on retire la table ? » Nous n’avons donc plus qu’à répondre : « Nous étions des esclaves », et c’est pourquoi nous faisons toutes ces choses.

Chemouel a dit : «

Durant sept jours, tu mangeras des matsot à son propos,

pain de pauvreté »

est écrit,

c’est-à-dire

un pain sur lequel on répond par de nombreuses paroles,

car on dit sur lui la Haggada et le Hallel.

Il a également été enseigné ainsi dans une baraïta : « Pain de pauvreté », un pain sur lequel on répond par de nombreuses paroles.

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