Version texte de ce daf : original et traduction
Nidda 2a (ב.) — le Talmud en français
Nidda 2a (נדה ב.): Une femme de qui sort du sang de sa source de sang, voici qu'elle est impure. D'après la Torah elle n'est impure que si elle a ressenti la sortie du sang; mais d'après les rabbins…
Texte original — Nidda 2a (ב.)
מתניתין:
שמאי אומר: כל הנשים
הרואות דם בשעה שבודקות עצמן -
דיין שעתן!
שמשעת הראייה ואילך בלבד הן טמאות, ולא גזרו חכמים עליהן "טומאה למפרע", ואין הן מטמאות קדשים [ותרומה] שנגעו בהן לפני שעת הראייה.
הלל אומר
: גזרו עליהן חכמים שיטמאו תרומה וקדשים למפרע -
מפקידה,
משעת הבדיקה הקודמת, ועד
לפקידה,
לבדיקה שעשתה עתה, שבה היא ראתה דם.
ואפילו לימים רבים
גזרו טומאה למפרע. שאם היתה הבדיקה הקודמת זמן רב לפני הבדיקה שראתה בה דם - הרי היא מטמאת את כל הקדשים [והתרומות] שנגעה בהם לאחר הבדיקה הקודמת.
וחכמים אומרים: לא כדברי זה ולא כדברי זה!
שאין לנו להחמיר יותר מדאי לזמן רב למפרע כהלל, מפני שכתלי בית הרחם אינם מעמידים את הדם זמן רב, אלא כאשר יוצא הדם לפרוזדור, הרי הוא יוצא משם אל מחוץ לגופה לאחר פרק זמן קצר.
ולא כדברי שמאי שמקיל יתר על המידה שלא לגזור עליה כל טומאה למפרע.
אלא
יש לגזור טומאה למפרע באופן הזה:
א. תקופת הזמן של
מעת לעת
-
ממעטת על יד
, מתקופת הזמן, של
"מפקידה לפקידה"!
והיינו, אם הבדיקה הקודמת, שבדקה ולא מצאה בה דם, היתה לפני מספר ימים, דיינו שנגזור עליה שתטמא למפרע רק מעת לעת, ולא תטמא למפרע עד זמן הפקידה הקודמת.
ב.
ו
כן
מפקידה לפקידה
-
ממעטת על יד מעת לעת!
שאם היה פרק הזמן של "מפקידה לפקידה" קצר מפרק הזמן "של מעת לעת", וכגון שבדקה את עצמה בבוקר ומצאה עצמה טהורה ובערב בדקה ומצאה דם, אין היא מטמאה למפרע מעת לעת אלא רק משעת הבדיקה בבוקר, שהרי בדקה עצמה אז ומצאה עצמה טהורה.
ג.
כל אשה שיש לה וסת
קבוע ובדקה עצמה בשעת וסתה ומצאה דם -
דיה שעתה!
שלא גזרו עליה שתטמא למפרע, משום דאמרינן "אורח [הוסת] - בזמנו בא" ואין לחשוש שהקדים!
ד.
והמשמשת בעדים,
שבדקה את עצמה לפני התשמיש ואחר התשמיש ב""עד", בסדין, ומצאה עצמה טהורה,
הרי
בדיקה
זו
גם היא נחשבת
כ
"
פקידה
" -
וממעטת
אותה הפקידה
על יד מעת לעת ועל יד מפקידה לפקידה!
שאין היא מטמאה למפרע אלא משעת התשמיש והלאה, שהרי אז בדקה עצמה ומצאה שהיא טהורה.
כיצד
אמרו
"דיה שעתה"
באשה שיש לה וסת קבוע, או לשמאי בכל אשה?
כגון, ש
היתה יושבת במטה ו
היתה
עסוקה בטהרות. ופרשה
מהמיטה,
ו
סמוך לאחר פרישתה מהמטה היא
ראתה
דם, הרי
היא
בלבד
טמאה,
מכאן ולהבא.
ו
אילו
הן,
הטהרות שעסקה בהם בהיותה יושבת במטה -
טהורות!
אף על פי שאמרו
חכמים והלל באשה שאין לה וסת ש
מטמאה
למפרע
מעת לעת
, לא אמרו זאת אלא ביחס לכך שהחמרנו לטמא את הטהרות שנגעה בהן למפרע, אבל את שבעת ימי נדתה היא
אינה מונה אלא משעה שראתה
את הדם ואינה חוששת למנותם מעת לעת למפרע [שאם היתה צריכה לחשוש למנותם מעת לעת למפרע היה המנין למפרע גורם להקדים את י"א ימי זיבתה, המתחילים לאחר שבעת ימי נדתה].
גמרא:
שנינו במשנה שיטתו של שמאי שאין גוזרים בנדה טומאה למפרע.
והוינן בה:
מאי טעמא דשמאי?
מדוע אין הוא חושש להחמיר, ואפילו לא ביחס לטהרת קדשים? והרי יש מקום לחשוש שמא יצא הדם קודם, אלא שהעמידוהו כתלי בית הרחם, ואילו היתה בודקת קודם לכן יתכן שהיתה מוצאת אז דם?
ומתרצינן ארבעה תירוצים בביאור שיטתו של שמאי אמאי אין מקום לגזור טומאה למפרע:
הסבר ראשון:
קסבר
שמאי, כיון שהדבר הוא ספק -
העמד אשה על חזקתה, ואשה בחזקת טהורה עומדת
קודם שראתה את הדם .
והלל
סבר:
כי אמר
ינן
"העמד דבר על חזקתו"
הוא רק
היכא דלית ליה
לדבר שמעמידים אותו על חזקתו
ריעותא מגופיה
.
Traduction française
Une femme de qui sort du sang de sa source de sang, voici qu'elle est impure. D'après la Torah elle n'est impure que si elle a ressenti la sortie du sang; mais d'après les rabbins toute sortie de sang de la source la rend impure. Et même si seulement une petite goutte de sang a pénétré dans le passage entre l'utérus et l'orifice d'où il sort du corps, et n'est pas encore sortie à l'extérieur, voici qu'elle est impure de l'impureté de nida. Ce passage s'appelle «prozador». Dans la Mishna qui est devant nous les tannaim ont différé pour savoir s'il faut craindre, pour chaque femme qui voit du sang sortir d'elle et n'a pas ressenti sa sortie, qu'il se peut que le sang soit déjà sorti antérieurement au moment où elle l'a vu vers le prozador, et y soit resté, et qu'il en résulte qu'elle est impure rétroactivement, depuis l'heure où le sang est sorti de l'utérus vers le prozador, et que les objets de pureté dont elle s'est approchée soient d'impureté douteuse, ou qu'il ne faille pas craindre cela. Dans la Guemara il sera expliqué que d'après la Torah il n'y a pas à craindre, tant du fait qu'on doit placer la femme en état de présomption de pureté que du fait qu'elle n'a pas ressenti la sortie du sang. Et tout le désaccord porte seulement sur l'impureté des offrandes saintes auxquelles elle s'est approchée — si les sages ont décrété qu'elle s'impurifiera rétroactivement par une «impureté douteuse» seulement pour la pureté des choses saintes. [Et à propos de la pureté de la terouma les amoraïm ont divergé]. De même les tannaim qui sont stricts ont différé sur la durée du rétroactif qu'ils décrètent contre elle — quelle est la durée rétroactive qu'ils ont décrétée dans laquelle elle rendra impures rétroactivement la pureté des choses saintes. Mishnatitnaam :
Shammaï dit : toutes les femmes
qui voient du sang au moment où elles s'examinent -
voici que leur heure suffit !
que dès l'heure de la vue et seulement à partir de là elles sont impures, et les sages n'ont pas décrété contre elles «impureté rétroactive», et elles ne rendent pas impures rétroactivement les choses saintes [ni la terouma] auxquelles elles se sont approchées avant l'heure de la vue.
Hillel dit :
les sages ont décrété contre elles qu'elles rendraient impures la terouma et les choses saintes rétroactivement —
depuis sa précédente vérification,
depuis l'heure de la précédente vérification, et jusqu'à
sa vérification,
pour la vérification qu'elle a faite maintenant, dans laquelle elle a vu du sang.
Et même pour de nombreux jours
ils ont décrété l'impureté rétroactive. Car si la vérification précédente a été longtemps avant la vérification où elle a vu du sang — voici qu'elle rend impures rétroactivement toutes les choses saintes [et les teroumot] qu'elle a touchées après la vérification précédente.
Et les sages disent : ni selon ceci ni selon cela !
qu'il ne convient pas de se montrer excessivement strict et de retenir une longue durée rétroactive comme Hillel, parce que les parois de la cavité utérine ne gardent pas le sang longtemps ; mais lorsqu'il sort dans le prozador, il en sort ensuite vers l'extérieur du corps après un court laps de temps.
Et ce n'est pas selon l'avis de Shammaï qui est trop laxiste en n'imposant aucune impureté rétroactive sur elle.
Mais
il faut décréter l'impureté rétroactive de la manière suivante :
a. la période de temps de
à l'occasion —
est réduite par
la période de temps de
«de vérification à vérification» ! et c'est‑à‑dire, si la vérification précédente, dans laquelle elle s'est examinée et n'a pas trouvé de sang, a eu lieu il y a plusieurs jours, il suffit qu'on décrète contre elle qu'elle s'impurifiera rétroactivement seulement à l'occasion, et qu'elle ne s'impurifiera rétroactivement pas jusqu'à l'heure de la précédente vérification.
b.
et
ainsi
«de vérification à vérification» —
réduit par «à l'occasion» ! que si l'intervalle de temps de «de vérification à vérification» est plus court que l'intervalle de «à l'occasion», ainsi, par exemple, qu'elle s'est examinée le matin
et s'est trouvée pure, et le soir elle s'est examinée et a trouvé du sang, elle ne rend pas impures rétroactivement «à l'occasion» mais seulement depuis l'heure de la vérification du matin, car elle s'est alors examinée et s'est trouvée pure.
c.
Toute femme qui a des règles
régulières et qui s'est examinée alors même pendant ses règles et a trouvé du sang —
son heure suffit !
qu'on n'a pas décrété contre elle qu'elle s'impurifiera rétroactivement, parce que nous disons «l'habitude [des règles] vient en son temps» et il n'y a pas à craindre qu'elle soit en avance !
d.
Et celle qui a eu relations en présence de témoins,
qui s'est examinée avant l'acte conjugal et après l'acte conjugal sur un drap, et s'est trouvée pure, —
voici que
cette
vérification
est aussi considérée —
comme «
» vérification —
et réduit
cette vérification —
par «à l'occasion» et par «de vérification à vérification» !
de sorte qu'elle ne rend pas impures rétroactivement avant l'heure de l'acte conjugal et au‑delà, car elle s'est alors examinée et s'est trouvée pure.
Comment
ont-ils dit
«son heure suffit»
pour la femme qui a des règles régulières, ou selon Shammaï pour toute femme ?
Par exemple,
elle était assise par le lit et
elle était occupée à la pureté. Et elle s'est éloignée du lit,
et
peu après son éloignement du lit elle
vit
du sang, voici
qu'elle
est seulement
impure,
à partir d'ici et pour l'avenir.
Et
si
alors
les puretés auxquelles elle s'occupait en étant assise au lit —
sont pures !
Bien que aient dit
les sages et Hillel qu'une femme qui n'a pas de règles rendront impure
rétroactivement
«à l'occasion»,
ils n'ont dit cela que relativement au fait que nous avons renforcé la règle de rendre impures rétroactivement les puretés auxquelles elle s'est approchée ; mais les sept jours de sa nidda, eux —
ne se comptent que depuis l'heure où elle a vu
le sang, et elle ne craint pas de les compter «à l'occasion» rétroactivement [car si elle devait craindre de les compter «à l'occasion» rétroactivement, le décompte rétroactif l'aurait fait avancer l'intervalle de onze jours de son écoulement, qui commencent après ses sept jours de nidda].
Guemara :
Nous avons appris dans la Mishna la position de Shammaï selon laquelle on ne décrète pas l'impureté rétroactive pour la nida.
Et voici qu'on interroge dans celle‑ci :
Quelle est la raison de Shammaï ?
Pourquoi n'a‑t‑il pas peur de se montrer strict, et même à l'égard de la pureté des choses saintes ? Et il y a lieu de craindre qu'il se peut que le sang soit sorti auparavant, mais qu'on l'ait retenu par les parois de l'utérus, et si elle s'était vérifiée plus tôt il se peut qu'elle aurait alors trouvé du sang.
Et on propose quatre explications pour clarifier la position de Shammaï : pourquoi n'y a‑t‑il pas lieu de décréter l'impureté rétroactive ?
Première explication :
Il pense
que Shammaï, puisque l'affaire est douteuse —
place la femme sur sa présomption, et la femme se tient dans la présomption de pureté avant qu'elle n'ait vu le sang.
Et Hillel
pensait :
car ils ont dit
«placer une chose sur sa présomption»
n'est que
lorsqu'il n'y a pas
de raison de craindre pour la chose qu'on place sur sa présomption —
une évidence provenant du corps.