Version texte de ce daf : original et traduction
Baba Batra 162b (קסב:) — le Talmud en français
Baba Batra 162b (בבא בתרא קסב:): On leur demanda: qu'il ait éloigné les témoins une ligne et demie du texte, Quoi ? Est‑il invalide ou non ? Viens, écoute : Preuve de ce qu'enseigne la baraïta…
Texte original — Baba Batra 162b (קסב:)
איבעיא להו
: הרחיק את העדים
שיטה ומחצה
מן הכתב,
מאי?
האם הוא פסול או לאו?
תא שמע
ראיה מהא דתניא בברייתא דלעיל:
הרחיק את העדים שני שיטין
מן הכתב,
פסול.
ומשמע, דוקא שני שיטין.
הא
אם הרחיק
שיטה ומחצה, כשר
.
ודחינן:
אימא סיפא
של הברייתא, שמוכח ממנה להיפך, דקתני:
שיטה אחת, כשר.
ומשמע
שיטה אחת
דוקא
הוא דכשר, הא שיטה ומחצה, פסול
.
ומסקינן:
אלא מהא ליכא למשמע מינה.
אין להוכיח כלום מהברייתא, לפי שאיננו יודעים איזה מהם דוקא, הרישא או הסיפא, ואיזה מהם לאו דוקא אלא אגב האחרת נאמרה בלשון כזה.
ודנה הגמרא:
מאי הוי עלה,
מה ההלכה בבעיא זו?
ופושטת הגמרא:
תא שמע
מהא
דתניא: הרחיק את העדים שני שיטין מן הכתב, פסול
.
פחות מכאן, כשר
.
הרי להדיא, שפחות משני שיטין, אפילו שיטה ומחצה, כשר.
וממשיכה הגמרא להביא את המשך הברייתא:
היו ארבעה וחמשה עדים חתומין על השטר, ונמצא אחד מהן קרוב או פסול,
תתקיים
ה
עדות בשאר
העדים הכשרים.
מסייע ליה
מהברייתא הזאת
לחזקיה
.
דאמר חזקיה
: שטר שנשאר בו ריוח של שתי שורות בין סוף השטר לבין חתימות העדים, ו
מלאוהו בקרובים, כשר
.
ואל תתמה
על כך, האיך יתכן שאם היה נשאר שם ריוח היה פסול, ועל ידי מילוי עדים פסולים יוכשר, והרי עדים פסולים הם כמי שאינם?
שהרי
מצינו כיוצא בזה בדיני סוכה. שכן,
אויר סוכה פוסל בשלשה,
אם יש בסכך חלל ברוחב של שלשה טפחים הוא פוסל את הסוכה, ואילו
סכך פסול,
אינו
פוסל
את הסוכה אלא
בארבעה
טפחים. נמצא, שאם ימלא את החלל של השלשה טפחים בסכך פסול, תהא הסוכה כשרה, ולא אמרינן שסכך פסול הוא כמו שאינו. וכך הוא גם בעדים פסולים, אם מילא בהם את חלל הריוח שבין השטר לעדים הכשרים, יוכשר השטר בכך.
איבעיא להו: שני שיטין שאמרו
חכמים בברייתא, שרווח שכזה פוסל את השטר,
Traduction française
On leur demanda:
qu'il ait éloigné les témoins
une ligne et demie
du texte,
Quoi ?
Est‑il invalide ou non ?
Viens, écoute :
Preuve de ce qu'enseigne la baraïta ci‑dessus :
il a éloigné les témoins de deux lignes
du texte,
Invalide.
Et cela indique précisément deux lignes.
Or
si (il) a éloigné
une ligne et demie, [c'est] valide.
Et nous en déduisons :
Si l'on prend la fin
de la baraïta, d'où se prouve le contraire, puisque il est enseigné :
une ligne, est valide.
Et il en ressort
qu'une ligne
précisément
est celle qui est valable ; quant à «une ligne et demie», [c'est] invalide.
Et nous concluons :
Mais de là on ne peut rien prouver.
On ne peut rien établir d'après la baraïta, car nous ne savons lequel d'eux est pris isolément, le début ou la fin, et lequel ne l'est pas, mais a été dit à propos de l'autre dans une telle tournure.
Et la Guemara discute :
Quelle en est la conclusion ?
Quelle est la halakha dans cette question ?
Et la Guemara développe :
Viens, écoute :
de ce qui
est enseigné : «a éloigné les témoins de deux lignes du texte, invalide.»
Moins que cela, [c'est] valide.
Voilà manifestement que moins que deux lignes, même une ligne et demie, est valide.
Et la Guemara poursuit en rapportant la suite de la baraïta :
S'il y avait quatre ou cinq témoins signataires sur l'acte, et qu'il se trouve que l'un d'eux est proche (parent) ou invalide,
alors subsistera
la
déposition par les autres
témoins valides.
Cela vient en aide à
de cette baraïta
pour Hizkiya.
Dit Hizkiya :
Un acte auquel restait un espace de deux lignes entre la fin de l'acte et les signatures des témoins, et
s'ils le remplirent par des proches, il est valide.
Ne t'étonne pas :
de ceci — comment se peut‑il que, si un espace y restait, il fût invalide, et que par le remplissage par des témoins invalides il devînt valide, alors que les témoins invalides sont comme s'ils n'étaient pas ?
Car en effet
nous trouvons un cas analogue dans les lois de la soucca. En effet,
l'air d'une soucca rend invalide à raison de trois [téphahim],
si dans le sakh il y a un vide d'une largeur de trois téfachim, il annule la soucca ; tandis que
un sakh invalide,
n'
annule
la soucca seulement
pour quatre
téfachim. Il en résulte que, si l'on remplit l'espace de trois téfachim par un sakh invalide, la soucca sera valable, et l'on ne dira pas qu'un sakh invalide est comme s'il n'existait pas. Il en est de même pour des témoins invalides : si par eux l'on remplit le vide de l'espace entre l'acte et les témoins valides, l'acte sera ainsi rendu valide.
On leur posa la question : «deux lignes qu'avaient dit
les Sages dans la baraïta, qu'un tel espace rend l'acte invalide»,